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Les chauves-souris
Mise à jour le Lundi, 19 Octobre 2009 09:06 Écrit par Stéphane G. Roué, Alexandre Cartier & Daniel Sirugue
SOS Chauves-souris
Vous avez une question sur les chauves-souris ou bien une préoccupation due à leur présence dans votre bâtiment, des spécialistes sont là pour vous répondre !
Société d'histoire naturelle d'Autun
Maison du Parc - 58230 SAINT-BRISSON
Tél. 03 86 78 79 38 - Fax 03 86 78 74 22
Mél :
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Pour en savoir plus :
>> Bourgogne-Nature hors-série "Les Chauves-souris"
>> Cahier technique sur les chauves-souris
L’inventaire bourguignon de 1985 à 2001
Véritables enjeux patrimoniaux, les chauves-souris ont fait l’objet d’une intention particulière dès 1992 lors de l’inventaire des mammifères sauvages du Morvan. En 1995, la mise en place d’un Groupe Chiroptères en Bourgogne, a permis, avec le soutien de nombreux naturalistes d’associations bourguignonnes, d’initier une dynamique sur l’ensemble de la région Bourgogne. Elle s’est concrétisée par le Plan Régional d’Actions Chauves-souris (PRAC) avec la création d’un poste à la Société d’histoire naturelle d’Autun.
Ce plan peut être résumé en 3 grands points :
- Etat des connaissances, synthèse des données existantes
- Inventaire des espèces et des habitats, suivi des populations des espèces fragiles
- Propositions pour la conservation des habitats et des espèces et intégration aux démarches de gestion de l’espace rural
Richesse spécifique par maille au quart de 1/25000ème
Chiroptères - 1985-2001

Afin de faire un bilan le plus complet des observations bourguignonnes sur les chauves-souris depuis le début du siècle, nous avons consulté les archives sur le baguage des chauves-souris (CRBPO, Archives de M. De Loriol). Nous avons également consulté la bibliographie.
Parallèlement, nous avons contacté les membres du Groupe Chiroptères Bourgogne et des naturalistes bourguignons pour demander leur participation à cet état des connaissances. La majorité des naturalistes ont participé en nous communiquant leurs données. Afin de traiter l’ensemble des données collectées (baguage, bibliographie, observations naturalistes), nous avons constitué une base informatique qui réunit, au 1/01/2002, 8386 données (un lieu, une date, une espèce) provenant de plus de 230 observateurs (voir page 13). Elles permettent d’établir le statut biologique des 21 espèces présentes en Bourgogne (voir tableau ci-dessus).
Le territoire bourguignon s’étend sur 537 quadrants de la carte 1/25000ème IGN et la présence d’au moins une espèce a été prouvée pour 386 quadrants durant la période 1985-2001 (voir carte ci-dessus).
Cet état des connaissances nous permet de vous présenter des cartes de répartition ci-après.
maille au quart de 1/25000ème - 1985 à 2001
Rhinolophidés
Avec trois espèces en Bourgogne, les rhinolophidés se distinguent par un nez en forme de fer-à-cheval et une tendance à se suspendre en s’enveloppant dans leurs ailes durant l’hibernation. D’origine méditerranéenne, c’est une famille facile à distinguer. Son représentant le plus petit, le Petit rhinolophe est bien présent dans l’Auxois, les Plateaux de Bourgogne et dans le Nivernais où il trouve des habitats préférentiels comme l’association boisements rivulaires et pâtures à bovins. Avec moins d’une dizaine de sites de mise bas, le Grand rhinolophe est une espèce en danger et notamment les habitats de chasse qu’il fréquente en milieu bocager. De plus, elle se regroupe en nombre important dans quelques sites, augmentant ainsi sa vulnérabilité. Le Rhinolophe euryale était bien présent en Bourgogne dans les années 1950 avec plusieurs centaines d’individus observés dans des grottes de Côte-d’Or. Aujourd’hui quelques individus en Côte-d’Or sont observés en période d’hibernation.Aucun site estival n’est connu.



Petit rhinolophe en hibernation
Vespertilionidés
Espèce essentiellement liée aux zones humides, le Vespertilion de Daubenton est régulièrement observé sous les ponts. Il est donc principalement concerné par nos interventions lors de la réfection des ouvrages d’art afin de maintenir les disjointements occupés. Il fréquente également le milieu forestier mais où aucun gîte arboricole n’y a été découvert. Par contre, quelques individus ont été rencontrés dans un tilleul creux. Il chasse principalement au dessus des rivières et des plans d’eau. En hiver, il est rencontré en petit nombre, de quelques individus à plusieurs dizaines, dans les sites souterrains et rarement au delà d’une centaine d’individus dans un même site.


Vespertilion de Daubenton en vol
Le Vespertilion à moustaches est principalement rencontré en hibernation et exceptionnellement en grand nombre avec plus de 700 individus dans une ancienne carrière souterraine de l’Yonne.La majorité de la population hibernante se situe d’ailleurs dans ce département. Aucune donnée de reproduction n’a été notée en Bourgogne.

Associé fréquemment au Grand rhinolophe, le Vespertilion à oreilles échancrées occupe des bâtiments pour la mise bas ou encore une grotte en Bourgogne. Son régime alimentaire est principalement composé d’arachnides et de diptères. En hiver, on le rencontre dans des grottes et carrières souvent par petits groupes.

Pour le Vespertilion de Natterer, une seule colonie de mise bas est connue en Bourgogne. Espèce aussi arboricole, sa présence n’est pas facile à déceler. On la rencontre également sous les ponts. En hibernation, observé en petit nombre dans les sites, il s’installe volontiers dans des fissures où l’on aperçoit un bout d’oreille.

Le Vespertilion de Bechstein, caractéristique avec ses grandes oreilles, chasse tout proche de son gîte diurne (200 m à 2 km) surtout en glanant les insectes d’un vol papillonnant du sol à la canopée. Un seul indice de reproduction et de petites populations hivernales ne permettent pas de clarifier le statut bourguignon de cette espèce forestière.

Le Grand murin est l’une des plus grandes espèces européennes et une confusion est possible avec le Petit murin, qui n’a jusqu’alors jamais été noté en Bourgogne. Les colonies de mise bas de Grand murin comptent de quelques femelles, comme dans une grotte bourguignonne, à plusieurs centaines, voire milliers d’individus, comme dans une cave en Bourgogne avec plus de 1200 femelles. Les terrains de chasse de cette espèce sont généralement des espaces à sol très accessible car son comportement caractéristique de chasse est le glanage au sol des proies. Les forêts à sol dégagé, prairies pâturées, fauchées ou pelouses sont des milieux préférentiels où il consomme principalement des coléoptères.


Grand murin dans une colonie de mise bas
La Noctule commune, espèce forestière et également citadine, est surtout notée par écoute ultrasonore. Aucun site de mise bas n’est connu en Bourgogne. Elle a été rencontrée dans des arbres creux (en 1935 au Jardin de l’Arquebuse à Dijon, en 1994 à Decize) et en hibernation dans un ancien tunnel ferroviaire.

Comme pour sa “cousine”, la Noctule de Leisler est également principalement repérée par écoute ultrasonore. Egalement forestière, aucun gîte de mise bas ou estival n’est actuellement connu en Bourgogne. Elle a été rencontrée en hibernation dans une carrière souterraine et dans un ancien tunnel ferroviaire. Les noctules sont des espèces de haut vol qui chassent au-dessus de la canopée et autour des grands arbres, mais on peut les observer également au-dessus des grandes étendues d’eau à la tombée du jour. Elles exploitent aussi les insectes attirés par les sources lumineuses des villages et villes. Très peu notées jusque dans les années 1990, les noctules le sont fréquemment depuis l’étude acoustique.


Noctule de Leisler
La Sérotine commune est principalement anthropophile en période estivale et s’installe dans les greniers de bâtiments. En hiver, elle est rencontrée ponctuellement dans des cavités souterraines. L’écoute ultrasonore et la capture ont permis d’affiner sa répartition. Son régime alimentaire est principalement composé de coléoptères.

La répartition de la Sérotine bicolore est mal connue car elle n’a été contactée que par écoute ultrasonore depuis une ancienne donnée en 1983 (maille 2925-5). Elle a été notée au-dessus d’un lac du Morvan et au bord de la Saône. A noter la présence de la Sérotine de Nilsson dans l’Allier aux portes de la Bourgogne (carte 2527).

La Pipistrelle commune est bien présente en Bourgogne. La technique par écoute ultrasonore nous a permis de mettre en évidence sa présence en de nombreux milieux. On peut parler d’espèce ubiquiste. Mais les gîtes peu accessibles qu’elle occupe en été ne permettent pas toujours d’apporter des preuves de mise bas. De plus, sa très faible utilisation du monde souterrain en fait une espèce dont la répartition est à poursuivre.

Les données de Pipistrelle de Nathusius résultent de quelques individus observés et d’indices par écoute ultrasonore. Espèce “migratrice”, 4 individus bagués en Lettonie ou Allemagne ont été trouvés en Bourgogne, soit des distances parfois de plus de 1500 km.

Proche morphologiquement de la Pipistrelle commune, la Pipistrelle de Kuhl a été décelée en Bourgogne par écoute ultrasonore, capture au filet ou récolte de cadavres. Espèce méridionale, on observe depuis plusieurs années, en Europe, sa progression vers le nord. Un seul indice de reproduction à ce jour en Bourgogne (sud Saône-et-Loire).

Espèces caractéristiques avec leurs grandes oreilles, les Oreillards sont difficiles à différencier. Seules des mesures biomètriques permettent de séparer l’Oreillard roux, aux moeurs forestières, de l’Oreillard gris aux moeurs plus anthropophiles notamment par son installation dans des bâtiments pour la mise bas. Ils chassent tous deux préférentiellement des lépidoptères et sont capables de pratiquer le vol stationnaire tel un colibri. En hiver, les Oreillards ont la particularité de replier leurs oreilles sous leurs ailes et se rencontrent en petit nombre dans les cavités souterraines. Compte-tenu de l’impossibilité de les différencier à vue, la répartition de chaque espèce reste difficile à apprécier.


Oreillard sp.
Grande consommatrice de microlépidoptères, la Barbastelle d’Europe est liée aux milieux forestiers, ce que confirme l’étude acoustique. En Bourgogne, on rencontre cette petite chauve-souris noire à la face caractéristique principalement dans les doubles poutres en milieu bâti pour la mise bas et on peut supposer l’occupation de cavités arboricoles. En hiver, elle est généralement solitaire et occupe des gîtes variés et peu protégés du froid. En effet, elle ne rejoint les sites souterrains que lors de périodes de grand froid et occupe principalement des lieux à basse température (proche de 5°) comme les tunnels ou les anciennes carrières.


Barbastelle
Le Minioptère de Schreibers, strictement cavernicole, se trouve en Bourgogne en limite de répartition. Les populations actuelles résultent d’échanges avec les populations franc-comtoises. Dans les années 1950, il se reproduisait encore dans des grottes bourguignonnes... La cause de sa régression en Bourgogne reste à préciser.

Ces résultats sont aussi le fruit du travail entrepris par les membres du Groupe Chiroptères Bourgogne depuis 1995. Une campagne de prospection hivernale a été entamée à sa création et a donné lieu à la création d’un stage hivernal dans l’Yonne dès 1996, soit déjà 6 stages à ce jour. De 1998 à 2001, 4 stages de prospection estivale ont également eu lieu en Bourgogne (Puisaye, Plateau de Bourgogne, Nivernais, Arrière-Côte et Côte Chalonnaise) avec la participation moyenne de 20 personnes et compléter par la prospection estivale d’autres zones (Charolais-Brionnais, Sud Nivernais, Bresse Bourguignonne, Auxois).
Ce travail d’inventaire se poursuit, vous pouvez nous communiquer vos données et participer aux activités du Groupe chiroptères Bourgogne. Ceci contribuera à l’atlas des mammifères sauvages de Bourgogne.
Pour la réalisation de cet état des connaissances, nous remercions vivement les 231 observateurs suivants :
G. ALLEAUME; C. ALUZE; L. ARTHUR; K. AUBOIN; F. AUDIER; H. BACOT; O. BARDET; C. BARGE; T. BARRAL; H. BAUDVIN; F. BEGUIGNOT; F. BEGUIN; M. BELIN; J.M. BENNOUR; E. BERTHOLLON; C. BESSET; M. BEUCHOT; J. BOIREAU; P. BOISBAUDRY; G. BOISSON; E. BOITIER; L. BOLLACHE; M. BON; D. BONNEFOY; M. BOSC; H. BOUARD; D. BOUCOMONT; J. BOUILLOT; C. BREANT; M. BROCH; P. BROSSAULT; J.P. BRULÉ; T. CADHILAC; B. CANNONGE; C. CAPUT; J.F. CART; A. CARTIER; M. CARVIN; P. CASTERS; A. CHAPALAIN; C. CHAPALAIN; F. CHAPALAIN; V. CHAPUIS; E. CHAPUT; M. CHATEAUX; P. CHELLE; B. CHRISTIAENS; B. CLAIR; J.L. CLAVIER; J.L. CLERE; A. COLAS; D. DAGNIAS; M. DARENNE; J.L. DE RYCKE; M. DEBROS; F. DEHONDT; L. DELAGNEAU; E. DELERUE; A. DEPOUTRE; R. DESBROSSES; C. DESCHAMPS; F. DESJARDINS; J.L. DESSOLIN; A. DEVELAY; Y. DOISNEAU; D. DUCHESNE; Y. DUCROT; N. DULKA; L. DUMONT; V. DUMONT; L. DUMONTEL; R. DURAND; P. DURLET; J. DURUPT; J.P. FAYOLLE; E. FEDOROFF; C. FORESTIER; E. FOUARD; C. FRANCART; S. FREZIER; B. FROCHOT; L. GASSER; P. GATHELIER; P. GAUCHER; H. GAUTHERIN; A. GAUTHEY; P. GAYET; G. GELINAUD; L. GERMAIN; M. GILLES; A. GIOSA; L. GIOSA; P. GIOSA; S. GIOSA; D. GIRAULT; L. GODIN; P. GOUDEAU; A. GOUJEON; P. GRANKOFF; J. GRIMAUX; P. GUILBERT; C. GUILLAUME; J.M. GUILPAIN; J. GUIMARD; M. GUITTIENNE; R. HAMANT; E. HENRY; M. HORTIGUES; F. HOSDEZ; G. HYTTE; B. HYVERNAT; E. JACOB; H. JACOB; M.C. JACOB; P. JACOB; X. JAPPIOT; J. JARRIGE; M. JEANNET; C. JOLIN; S. JOUAIRE; R. JOURNAUX; A. JULIEN; E. LAGARDE; J.C. LALEURE; M. LARTAUD; M. LARTIGUE; D. LAYAT; F. LEBOULENGER; M. LEFEVRE; E. LEMEE; S. LEMOINE; V. LEMOINE; D. LERAT; P. LEROY; F. LETURMY; C. LEZIERE; C. LONGUET; J. MAHIEU; F. MALGOUYRES; M. MALNUIT; B. MATHIEU; C. MAUCHAUSSÉ; B. MAUPETIT; K. MAUVE; J. MAY; L. MELLET; H. MENU; J.P. MERAL; S. MEZANI; I. MICHAUD; M. MILLERET; A. MILLON; A. MILLOT; H. MITOU; N. MOKRANI; M. MONTEL SAINT-PAUL; R. MOREL; J.C. MOUTON; P. NECTOUX; J.F. NOBLET; P. NOTTEGHEM; C. NYKIEL; G. NYKIEL; J. OBERSON; P. OBSTETAR; B. PAEPEGAEY; E. PARIS; L. PARIS; P. PARIS; C. PARISOT; F. PARISOT; A. PASTORET; D. PECQUET; P. PERDEREAU; D. PICARD; A. PITOIS; Y. POCHON; P. POIGNANT; T. POIROT; P.T. POPARD; M. PORTAL; F. POUZERGUES; Y. PRAMPART; C. PRAT; J.M. PROBST; J. PROSPÈRE; C. RAMEAUX; F. REFAIT; A. ROBERT; J.P. ROMANSKI; A. RONDARD; J. ROS; S.G. ROUÉ; S.Y. ROUÉ; R. ROUSSEL; G. ROY; C. ROZET; P. RUIZ; T. RUIZ; G. SAVEAN; J. SECONDI; S. SEIDEL; B. SELLA; M. SEMPÉ; J.L. SIMONNOT; C. SIRUGUE; D. SIRUGUE; L. SIRUGUE; J. SOUFFLOT; L. SPANNEUT; J.P. THIBAUDIER; M. THILLEROT; L. THOMAS; O. THORET; H. TINTANT; F. TISON; L. TORRES; F. TRELLU; S. TSCHANZ; A. TSCHOFEN; C. TSCHOFEN; Y. TUPINIER; S. URIOT; T. VAGNE; F. VANHEENEN; N. VARANGUIN; P. VERNUS; J. VERNUSSE; H. WILLEM; A. WILLIG; S. WILLIG... et milles excuses aux oubliés qui seraient passé au travers des mailles du filet de capture !
ainsi que les structures suivantes pour leur participation : Association des Naturalistes de la Vallée du Loing; Association Ornithologique et Mammalogique de Saône-et-Loire; Chauves-souris Auvergne; Conservatoire des sites naturels bourguignons; COPRONAT; C.P.E.P.E.S.C. Franche-Comté; L.P.O. Yonne; Parc naturel régional du Morvan; S.O.B.A. Nature Nièvre; Science et Nature; Société d’histoire naturelle d’Autun.
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