Tircis (Le)

Pararge aegeria (Linnaeus, 1758)

Classification

  • ClasseInsectes
  • OrdreLepidoptera
  • FamilleNymphalidae
  • GenrePararge
  • Espèceaegeria
  • Nom scientifiquePararge aegeria
Données de l'espèce

Cartes, phénologie, nombre de données, etc...

Carte de l'espèce

  • Observations communales (toute période confondue)
  • Blanc : aucune observation signalée
  • Bleu : observations validées
  • Gris : observations en cours de validation
  • Rouge : vos observations
Morphologie

Envergure : 32-42 mm

Il n’y a aucun risque de confusion lorsqu’il est posé : c’est le seul papillon à fréquenter ce type d’habitat en permanence, mais il est peu visible au vol dans le sous-bois. Sur sa couleur de fond brun sombre se détachent de nombreuses macules de couleur claire. Les mâles de la première génération sont plus sombres. La coloration des motifs clairs permet de reconnaître dans nos régions trois morphes, selon des critères macroclimatiques en évolution : la morphe tircis aux taches jaune vanille pâle, la morphe nominative aegeria (considérée par certains comme une sousespèce) aux taches fauve orangé, plus étendues (surtout chez les femelles), et une morphe intermedia aux taches de teinte intermédiaire, tirant tantôt vers le jaune, tantôt vers l’orangé, selon leur emplacement.

Habitat

Le Tircis est une espèce mésophile sylvicole largement courante, habitant tous les milieux boisés sous réserve qu’ils abritent de petites plages de soleil que les mâles vont occuper, se posant sur les feuilles en promontoire, avec un comportement territorial très accentué (combats aériens parfois interminables entre mâles). Ce territoire varie en fonction du cycle solaire circadien en sous-bois. Le papillon fréquente les bois clairs, les lisières, les chemins forestiers et les clairières, il s’observe d'avril à septembre. De petites colonies peuvent se maintenir dans les parcs ou les jardins péri-urbains arborés. Les chenilles se développent sur les Pâturins (Poa spp.) et diverses autres Poacées.

Reproduction

Espèce plurivoltine paraissant en trois générations annuelles se chevauchant parfois, le papillon présente des émergences étalées dans le temps : mi-avril à début juin, fin juillet-août, septembre à mi-octobre. La première génération se compose de deux vagues successives d’émergences : la première est issue de chrysalides hivernantes, la seconde de chenilles ayant hiverné et s’étant nymphosées au printemps.

Régime alimentaire

Les adultes se nourrissent principalement du nectar des fleurs, les chenilles dévorent les plantes hôtes.

Relation avec l’homme

L’espèce n’est pas soumise à des menaces particulières.

Réseau trophique

Les papillons sont les proies de nombreux insectivores, ils peuvent être consommés par d’autres insectes et des oiseaux par exemple.

Répartition géographique

Ce papillon, que l’on pourrait qualifier de banal, est très répandu sans toutefois être jamais abondant, il s’observe un peu partout en Côte-d'Or. Dans nos régions, les trois morphes évoquées ci-dessus occupent des aires distinctes. La morphe orangée (aegeria typique), atlanto-méditerranéenne, originaire de la Péninsule ibérique (où tous les Tircis présentent cette livrée), et qui remonte très loin vers le nord par la façade atlantique, jusqu’en Bretagne, n’était pas encore connue en Bourgogne en 1988 ; son apparition récente dans l’extrême Sud de la Saône-et-Loire montre une fois de plus que les facteurs climatiques globaux se modifi ent. Dans la partie médiane de la Saône-et-Loire et parfois plus au nord (Yonne), ainsi que ponctuellement dans le département du Jura, on rencontre des sujets de la morphe intermedia, seuls ou mélangés avec l’une ou l’autre des deux autres morphes, voire avec les deux. Sur le reste du territoire concerné, seule s’observe la morphe du Nord-Est, tircis. Les critères de coloration de ces formes sont d’expression épigénétique ; rien ne dit que les aegeria typiques sont stabilisés chez nous, mais il est certain qu’ils gagnent vers le nord. En Franche-Comté, l’altitude représente encore un frein à l’expansion du Tircis, qui dépasse rarement 950 m dans le Jura.

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Tircis (Pararge aegeria)
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Bibliographie Tircis (Le)

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