Poissons

Poisson sp.

Classification

  • ClassePoissons
  • GenrePoisson
  • Espècesp.
  • Nom scientifiquePoisson sp.
Données de l'espèce

Cartes, phénologie, nombre de données, etc...

Carte de l'espèce

  • Observations communales (toute période confondue)
  • Blanc : aucune observation signalée
  • Bleu : observations validées
  • Gris : observations en cours de validation
  • Rouge : vos observations

Les différents milieux aquatiques du département de la Côte-d’Or (cours d’eau, lacs ou étangs) abritent 41 espèces de poisson sur les 95 que compte actuellement le territoire national métropolitain. Les données attestant de la présence de ces espèces sont en grande partie issues d’échantillonnages scientifiques réalisés entre 1987 et 2014 par pêche à l’électricité (en rivière) ou aux filets (grands cours d’eau ou plans d’eau) ; au sein du département, ces opérations sont principalement réalisées par l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) et la Fédération de Côte-d’Or pour la pêche et la protection du milieu aquatique (FDAAPPMA 21). Au total ce sont près de 500 stations différentes qui ont été échantillonnées en Côte-d’Or au cours des 30 dernières années, dont certaines font l’objet d’un suivi régulier.

COMME UN POISSON DANS L'EAU...

Regroupées en peuplements, toutes les espèces de poissons ne sont pas réparties de façon homogène au sein des milieux aquatiques ; de même au sein d’un cours d’eau : fortes de leur écologie propre, certaines espèces ne s’observeront que dans les portions de cours d’eau situées en plaine ou sur plateau, tandis que d’autres seront naturellement spécialisées dans les portions enclavées des vallées. La répartition des espèces va dépendre des caractéristiques du milieu, elles mêmes dépendantes de la nature géologique des bassins versants et de l’hydroclimat. Globalement, les cours d’eau sont organisés de manière longitudinale suivant un gradient de pente et de caractéristiques physico-chimiques : on retrouvera des cours d’eau à pente plus importante avec des eaux courantes, fraîches et oxygénées en amont des bassins versants, alors que la réduction de la pente et de la vitesse de courant couplée à une température plus élevée caractérise l’aval. Au fil du temps, chaque espèce de poisson a développé des adaptations propres à différents milieux aquatiques. Les preferendums des poissons (température ou oxygène par exemple) ne présentent pas toujours les mêmes amplitudes, ce qui explique que certaines espèces sont plus ubiquistes ou à l’inverses spécialistes que d’autres. Située aux confins de trois grands bassins versants (Loire, Seine et Rhône), la situation géographique de la Côte-d’Or offre au département une diversité de milieux allant des ruisseaux de tête de bassin du Morvan, de l’Auxois et du Châtillonnais, aux grands cours d’eau de plaine comme la Saône ; entre ces extrêmes se trouvent des cours d’eau de gabarit moyen et plus ou moins énergiques. Cette variabilité de milieux explique en partie la répartition des espèces dans le département.

DIVERSITE DES POISSONS EN COTE-D'OR

La Côte-d’Or abrite 9 ordres de poissons et 1 d’agnathe (les lamproies ne sont pas des poissons au sens biologique même si elles sont considérées comme tel au sens réglementaire), représentés chacun par une ou plusieurs espèces (jusqu’à 26). Les ordres des Anguilliformes, Esociformes, Gadiformes, Petromyzontiformes (agnathes) et Scorpaeniformes sont chacun représenté par une seule espèce en Côte-d’Or (respectivement l’Anguille européenne, le Brochet, la Lote, la Lamproie de Planer et le Chabot). Les ordres les plus représentés en nombre d’espèces sont les Salmoniformes (4 espèces), les Cypriniformes (26 espèces) et les Perciformes (5 espèces).

Les Salmoniformes (dont la classification est encore instable et controversée) regroupent des espèces typiques des cours d’eau de tête de bassin versant aux eaux tumultueuses, fraîches et oxygénées. Leur corps est fusiforme avec des écailles lisses et cycloïdes ; leurs dents sont bien développées. La famille des Salmonidés (souvent considérée comme la seule de l’ordre) se caractérise par une nageoire adipeuse logée entre la nageoire dorsale et la nageoire caudale, la présence d’un lobe axillaire pelvien, et les 3 dernières vertèbres dirigées vers le dos. Parmi les espèces concernées en Côte-d’Or et ne faisant pas spécifiquement l’objet d’introduction à des fins halieutiques, figurent la Truite commune et l’Ombre commun. Ces espèces, en raison de leur biologie et notamment de leur cycle de reproduction (en particulier la truite qui effectue des migrations à la recherche de supports de ponte), sont particulièrement sensibles aux modifications anthropiques du milieu, notamment en ce qui concerne la morphologie des cours d’eau, leur disponibilité en milieux favorables à la reproduction (zone de fraie) et le réchauffement des régimes thermiques.

Quant à eux, les Cypriniformes constituent de loin l’ordre le plus important au sein des poissons d’eau douce, en particulier la famille des Cyprinidés (24 espèces). En Côte-d’Or, deux autres familles sont aussi représentées : les Cobittidés (1 espèce) et les Nemacheilidés (1 espèce). Ne possédant pas de dents sur les mâchoires, les représentants de la famille des Cyprinidés disposent en revanche de dents falciformes insérées sur un os pharyngien lui-même situé sous l’opercule en arrière des arcs branchiaux ; outre l’intérêt qu’elles représentent pour identifier les espèces, ces dents permettent la mastication. De manière générale, la variabilité morphologique est assez importante au sein de l’ordre des Cypriniformes ; il en est de même pour leurs preferendums écologiques. Ainsi, on retrouvera des Cypriniformes en tête de bassin versant (Vairon), dans les eaux courantes des cours d’eau de plaine (Barbeau, Hotu et Vandoise) ou encore dans les eaux beaucoup plus lentes et réchauffées des grands cours d’eau ou des plans d’eau (Carpe commune, Tanche, Gardon). Certaines des espèces de cet ordre présentent une grande ubiquité et peuvent vivre sur presque l’ensemble du réseau hydrographique ; c’est le cas du Chevaine.

LA DEPENDANCE A L'EAU ET SES CONSEQUENCES

L’adaptation des poissons à leur milieu permet de comprendre assez facilement les menaces qui pèsent sur eux. En effet, circoncis à n’évoluer qu’au sein des eaux continentales, les poissons d’eau douce sont par ailleurs soumis à une dégradation croissante des écosystèmes aquatiques. Ce phénomène est principalement imputable aux activités humaines de ces dernières décennies qui ont engendré pollutions, modifications morphologiques des cours d’eau, fragmentation des milieux de reproduction, réchauffement des eaux... Les pressions sur les milieux aquatiques sont souvent multiples et induisent des modifications de milieu telles que les habitats ne répondent plus aux exigences écologiques des espèces présentes, de sorte qu’elles ne peuvent s’y maintenir. De plus, l’introduction et l’expansion de diverses espèces piscicoles allochtones (Pseudorasbora, Silure) ont un impact négatif sur les populations autochtones, bien que cela ne soit pas encore scientifiquement démontré (cas du silure par exemple).

Enfin, des modèles climatiques et hydrologiques tendent à montrer (avec un certain nombre d’incertitudes) un impact probable du dérèglement climatique sur la ressource en eau douce de surface, avec une tendance prononcée à la diminution des volumes et au réchauffement des masses d’eau. Même s’il est toujours difficile d’isoler les impacts du changement climatique de ceux des pressions anthropiques, ces modifications à long terme pourraient engendrer de profonds changements au niveau de la reproduction, de la croissance et des rythmes saisonniers des poissons. On pourra sans doute observer des changements dans l’organisation longitudinale des peuplements avec notamment un déplacement de leur limite supérieure.

SITUATION DEPARTEMENTALE DE L'ICHTYOFAUNE

Les espèces piscicoles présentes en Côte-d’Or sont concernées à différents niveaux par les politiques de protection de la biodiversité ou par la liste rouge des espèces menacées. Cette dernière vise à dresser un bilan objectif du degré de menace pesant sur chaque espèce évaluée au sein d’un territoire donné (régional, national, international). En dehors des politiques internationales induisant la protection des espèces (ex. la convention de Berne ou la Directive Habitat-Faune-Flore), l’Arrêté ministériel du 8 décembre 1988 fixe la liste des espèces de poisson protégées sur l’ensemble du territoire français ; d’autres arrêtés tels les arrêtés préfectoraux de protection de biotope permettent de mettre en défens les milieux naturels où vivent les espèces protégées par la loi.

De façon très globale et avec de possibles exceptions, la caractérisation des peuplements de poisson en Côte-d’Or (au travers notamment des réseaux de suivi régulier de la Directive Cadre sur l’Eau, mais également via une série d’études de bassin très complètes menée par la FDAAPPMA 21) tend à montrer des ensembles plutôt perturbés, tant dans les aspects quantitatifs que qualitatifs. Qualitativement, il apparait que dans l’ensemble, les espèces sont présentes au sein des cours d’eau où elles doivent naturellement se trouver. En effet, il n’est pas rare de retrouver la Truite commune et ses espèces d’accompagnement (Chabot, Vairon, Loche, Lamproie de Planer) sur les têtes de bassin du Châtillonnais, de l’Auxois ou du Morvan ; de même en ce qui concerne les cortèges de cyprinidés rhéophiles dans les cours d’eau comme l’Ouche moyenne ou l’Armançon. Cependant les différentes études démontrent bien que la perturbation des milieux engendre des conséquences diverses (variation de température, morphologie, fragmentation, régimes hydrologiques, qualité des eaux) qui réduisent fortement leur capacité d’accueil : en terme quantitatif, les abondances observées sont bien en deçà de ce que les milieux pourraient naturellement accueillir. Sur les secteurs à faible pente comme pour l’ensemble des cours d’eau de la plaine de Saône (Ouche aval, Tille aval, Vingeanne aval, etc.), les travaux hydrauliques parfois très anciens ainsi que la qualité des eaux empêchent les milieux d’exprimer pleinement leur attrait pour la biodiversité aquatique. Des études sont actuellement menées pour définir le potentiel que peut offrir la Saône (le plus grand cours d’eau du département) pour les poissons, et orienter d’éventuels travaux de restauration.

Ajouter un média