Pectinatelle

Pectinatella magnifica (Leidy, 1851)

Classification

  • ClassePhylactolaemata
  • FamillePectinatellidae
  • GenrePectinatella
  • Espècemagnifica
  • Nom scientifiquePectinatella magnifica
Données de l'espèce

Cartes, phénologie, nombre de données, etc...

Carte de l'espèce

  • Observations communales (toute période confondue)
  • Blanc : aucune observation signalée
  • Bleu : observations validées
  • Gris : observations en cours de validation
  • Rouge : vos observations

Taille : individus d’environ 1 mm ; colonies d’environ 20 cm pouvant atteindre 1 m

Classification

Embranchement : Bryozoaires
Classe : Phylactolaemata (ou Phylactolémés)
Famille : Pectinatellidés
Genre : Pectinatella
Espèce : magnifica
Nom scientifique : Pectinatella magnifica

Morphologie

La Pectinatelle appartient à l’embranchement taxonomique des Bryozoaires, soit des invertébrés aquatiques (dont la plupart sont marins) qui forment des colonies généralement fixes, branchues, encroûtantes ou gélatineuses, d'une taille avoisinant souvent quelques centimètres mais parfois de grande taille et regroupant un nombre plus ou moins important d’individus. Ces derniers (les zooïdes) mesurent aux alentours d'un millimètre et disposent d'une couronne rétractile de tentacules leur permettant de filtrer l'eau et de capturer le plancton dont ils se nourrissent.
Peu connus en Bourgogne, les Bryozoaires sont peu observés du fait de la petite taille des colonies fixées sur des supports immergés. Cependant, une espèce de la classe des Phylactolaemata fait exception par ses caractéristiques spectaculaires : la Pectinatelle. En effet, une colonie de Pectinatelle se présente sous la forme d’une masse gélatineuse atteignant couramment vingt centimètres voire ponctuellement plus d'un mètre. D’abord fixée sur un support immergé (une racine, une branche, un ouvrage en maçonnerie) où elle grandit du printemps à la fin de l’été, la colonie se détache de son support en automne, puis flotte et dérive au gré du courant pour généralement s’échouer sur une berge où elle se dégrade; c’est à cette période que l’espèce est le plus souvent détectée. Les colonies fixées sur des branches ou des cordages sont généralement ovoïdes ou quasi sphériques. Celles installées sur un support plan ont souvent la forme d’un disque, qui, une fois détaché puis échoué sur une berge, rappelle une grosse méduse. Les colonies provenant de supports irréguliers (enrochements) produisent des masses globuleuses de forme indéfinie.
A l’examen de ces colonies, la surface de la masse gélatineuse (transparente avant sa dégradation) permet d'observer les zooïdes d’un centimètre de diamètre environ et organisés en rosettes contigües. Visibles à l’œil nu, les tentacules montrent sous la loupe une activité génératrice de courant permettant la capture du plancton. A l’intérieur des zooïdes transparents, de petits disques noirs d’à peine un millimètre de diamètre et dotés d’une couronne de doubles crochets (visibles à la loupe binoculaire) peuvent aussi être visibles: il s’agit de "statoblastes" qui correspondent à des formes de résistance permettant à l’espèce de supporter la mauvaise saison (ils sont libérés en très grands nombre en automne).

Habitat

Généralement, la Pectinatelle est observée dans des étangs et des grands réservoirs, souvent dans des milieux assez chargés en matière organique où elle peut alors avoir des développements spectaculaires. Sa présence est également notée dans des canaux et dans certaines zones calmes de cours d’eau.

Reproduction

Susceptible d’être dispersé et cela sur de très grandes distances si il se retrouve accroché aux poils d’un mammifère ou aux plumes d’un oiseau aquatique, un statoblaste donne naissance à un zooïde (dans de bonnes conditions, de température notamment) qui, par bourgeonnement, produit une nouvelle colonie.

Régime alimentaire

Les individus se nourrissent de plancton qu’ils filtrent dans l’eau.

Relation avec l’Homme

Espèce exotique appartenant aujourd’hui à la faune sauvage de Côte-d’Or, la Pectinatelle peut être considérée comme envahissante, mais il est encore difficile d’apprécier les dommages qu’elle est susceptible de provoquer à la faune indigène, notamment en occupant une proportion parfois très importante des supports disponibles, au détriment d’autres invertébrés fixés. Excepté cela, ce Bryozoaire ne présente aucun risque sanitaire pour les poissons, ni pour l'homme ou les animaux domestiques.

Répartition géographique

Alors que plus de 8 000 espèces de Bryozoaires sont dénombrées de par le monde, 94 espèces seulement vivent en eau douce dont 18 espèces sont présentes sur le territoire français d'après le référentiel taxonomique du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) ; deux classes y sont représentées : les Gymnolaemata (2 espèces) et les Phylactolaemata (16 espèces).
La capacité de dispersion de la Pectinatelle explique l’actuelle extension de l’aire de répartition de l’espèce en Europe. Connue d’abord d’Amérique du nord (région des Grands Lacs), la Pectinatelle est apparue en 1883 près de Hambourg en Allemagne, sans doute importée passivement dans l’eau de ballast d’un navire marchand bien que l'hypothèse de la zoochorie (déplacement par la faune, oiseau migrateur dans ce cas) ne soit pas impossible. De là, elle a été transportée progressivement vers l’est et vers l’ouest, atteignant notamment l’est de la France au début des années 1990, et la Bourgogne en 1998 (Notteghem 1999, 2009). Aujourd’hui elle continue sa progression et sa présence est signalée dans quasiment toutes les régions françaises, y compris en Corse.
En Côte-d’Or, les premières données répertoriées dans la Base Bourgogne Fauna datent de 2009 (Bonnencontre, Lamarche-sur-Saône, Magny-lès-Aubigny). Par la suite de nouveaux sites ont été répertoriés (Créancey en 2011, Champeau en Morvan et Thoisy-le-Désert en 2013). On peut s’attendre à localiser l'espèce dans de nombreux milieux aquatiques du département, notamment d’autres étangs et réservoirs, d’anciennes carrières, le canal de Bourgogne ou la Saône.

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Bibliographie Pectinatelle