Grand rhinolophe

Rhinolophus ferrumequinum (Schreber, 1774)

Classification

  • ClasseMammifères
  • OrdreChiroptera
  • FamilleRhinolophidae
  • GenreRhinolophus
  • Espèceferrumequinum
  • Nom scientifiqueRhinolophus ferrumequinum
Données de l'espèce

Cartes, phénologie, nombre de données, etc...

Carte de l'espèce

  • Observations communales (toute période confondue)
  • Blanc : aucune observation signalée
  • Bleu : observations validées
  • Gris : observations en cours de validation
  • Rouge : vos observations

Taille : 54-71 mm
Envergure : 330-400 mm
Poids : 15-34 g

Classification

Classe : Mammifères
Ordre : Chiroptères
Famille : Rhinolophidés
Genre : Rhinolophus
Espèce : ferrumequinum
Nom scientifique : Rhinolophus ferrumequinum

Morphologie

C’est le plus grand des Rhinolophes d’Europe. Comme chez les autres Rhinolophidés, son nez présente un repli de peau en forme de fer à cheval, c’est par là que le Grand rhinolophe émet ses ultrasons. De même, ses oreilles triangulaires sont dépourvues de tragus (partie du pavillon de l’oreille qui protège l'orifice du conduit auditif). Le pelage de cette espèce, massive et puissante, est brun à brun-gris sur le dos et gris clair sur le ventre, les jeunes ont une couleur plus cendrée.

Habitat

Le Grand rhinolophe affectionne les milieux boisés et les paysages semi-ouverts avec des alignements d’arbres ou des grandes haies délimitant des pâturages qui constituent des voies de déplacement. Il apprécie les mosaïques de milieux diversifiés et la présence de points d’eau à proximité des gîtes. Son hibernation se déroule généralement de fin octobre à mi-avril dans des cavités souterraines avoisinant les 7°C (carrière, mine, grotte), les individus parfois regroupés en essaim, il s’enferme dans ses membranes alaires. L’été, le Grand rhinolophe recherche généralement les bâtiments non utilisés qui lui offrent des accès faciles, de la tranquillité et des températures chaudes. Cette espèce se déplace peu, les gîtes d’été et d’hiver sont peu éloignés.

Reproduction

L’accouplement a lieu à l’automne mais il faut attendre le printemps suivant pour que les femelles ovulent et que la reproduction ait lieu. La gestation dure 6 à 8 semaines, les femelles donnent naissance à un jeune entre mi-juin et mi-juillet. Lors de la mise bas en été, le Grand rhinolophe occupe les greniers de bâtiments (grange, église, château) généralement en colonie mixte avec d’autres espèces et comportant 20 à 200 individus. Plus rarement, il peut se reproduire en milieu souterrain comme c’est le cas dans une cavité de l’Auxois où il est en mixité avec le Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) et le Rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale). Pendant cette période, les mâles sont solitaires. Agés de presque un mois, les jeunes effectuent leur premier envol. Mâture à l'âge de deux-trois ans, un Grand rhinolophe peut vivre trente ans.

Régime alimentaire

Dans un premier temps, il chasse aux alentours de l'entrée du gîte avant de gagner la forêt. Il se nourrit principalement de papillons nocturnes et de Coléoptères qu’il chasse à l’affût accroché à une branche ou une paroi, ou en glanant ses proies dans le feuillage, juste après le coucher du soleil. Son alimentation varie selon les disponibilités. En vol, le Grand rhinolophe capture sa proie avec ses ailes puis la rabat sur sa gueule en une fraction de seconde (technique de chasse du " gobe-mouche "). Il peut également capturer des proies posées au sol.

Relation avec l’homme

Protégé en France, le Grand rhinolophe est classé « en danger » en Bourgogne selon la Liste Rouge régionale et bénéficie d’une protection dans le cadre de la Directive Habitats-Faune-Flore (annexes II et IV) et des Conventions de Berne et de Bonn. Les populations ont vu leurs effectifs chuter au cours du XXe siècle et jusque dans les années 1980, depuis, les populations se maintiennent ou remontent lentement. Les principales menaces auxquelles cette chauve-souris doit faire face sont la disparition de ses gîtes, à l’utilisation de pesticides dans l’agriculture (traitements anti-parasitaires du bétail notamment), de traitements chimiques dans le bâtiment et la réduction des zones de pâtures. A cela s’ajoutent l’impact de la circulation routière et les éclairages publics qui perturbent l’espèce.

Réseau trophique

Les rapaces, notamment la Chouette effraie et la Hulotte, ainsi que le chat domestique sont les principaux prédateurs du Grand rhinolophe.

Répartition géographique

Cette espèce est présente dans la majeure partie de l’Europe, principalement sur le pourtour méditerranéen. En Côte-d’Or, elle est rare et sa répartition est morcelée avec seulement cinq colonies de mise bas connues dans le département. Le Grand rhinolophe passe l’hiver dans quelques sites souterrains du Châtillonnais, de la Côte Dijonnaise et du Pays de Tille et Vingeanne. Sa présence est dépendante du maintien d’un paysage bocager avec pâturage et d'importantes surfaces forestières ; l’absence de dérangements dans les sites de reproduction et d’hibernation semble aussi être un critère de sélection.

Photothèque Grand rhinolophe
Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum)
Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum)
Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum)
Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum)
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Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum)
Grand rhinolophe - Rhinolophus ferrumequinum
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Bibliographie Grand rhinolophe

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