Agrion de Mercure

Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840)

Classification

  • ClasseInsectes
  • OrdreOdonata
  • FamilleCoenagrionidae
  • GenreCoenagrion
  • Espècemercuriale
  • Nom scientifiqueCoenagrion mercuriale
Données de l'espèce

Cartes, phénologie, nombre de données, etc...

Carte de l'espèce

  • Observations communales (toute période confondue)
  • Blanc : aucune observation signalée
  • Bleu : observations validées
  • Gris : observations en cours de validation
  • Rouge : vos observations

Taille adulte : 27-31 mm
Longueur de l'aile postérieure : 12-21 mm

Classification

Classe : Insectes
Ordre : Odonates
Sous-ordre : Zygoptères
Famille : Coenagrionidés
Genre : Coenagrion
Espèce : mercuriale
Nom scientifique : Coenagrion mercuriale

Morphologie

L'Agrion de Mercure est une demoiselle (libellule d'allure frêle) de couleur dominante bleue chez le mâle comme chez tous les Coenagrions. Le deuxième segment abdominal permet de le distinguer des autres espèces du genre, car il arbore un symbole typique de Mercure (symbole ressemblant à une tête avec casque à cornes). La femelle, nettement plus difficile à distinguer, est beaucoup plus sombre (vert et noir) ; l'ornementation de son pronotum est un critère déterminant. Les exuvies et le dernier stade larvaire sont allongés et fins avec des lamelles caudales assez petites en comparaison des autres coenagrions. La taille du corps évolue de 11 à 14 mm.

Habitat

Les secteurs géographiques les plus favorables à l'espèce sont les milieux ouverts drainés par un chevelu hydrographique important et permanent. Les larves de l'Agrion de Mercure se développent dans les milieux courant généralement de petits calibres comme les ruisseaux, fossés, sources, petites rivières et bras mort alimentés par la nappe phréatique. Ces milieux sont souvent en contexte non forestier et plutôt prairial. Le courant et la profondeur y sont généralement faibles à modérés, permettant l'expression de communautés végétales constituées d'hélophytes (les femelles insèrent leurs œufs dans ces végétaux). L'espèce semble éviter les milieux aquatiques temporaires, peut-être à cause du temps de développement larvaire relativement long. Le substrat préféré par les larves est généralement constitué d'éléments fins. Les adultes quant à eux fréquentent les milieux ouverts situés à proximité immédiate des biotopes de développement larvaire, souvent des prairies. Les végétaux de grande taille (mais non arborescents) typiques des habitats de type mégaphorbiaie, ourlet rivulaire, fourrés ou haies sont appréciés des adultes qui s'y posent pour se reposer.

Reproduction et cycle de développement

Les larves se développent en 1 à 2 ans. Les émergences se déroulent de fin avril à mi-juillet couvrant en bonne partie la période vol des adultes (fin avril à fin août). Au stade adulte, le mâle recherche la femelle en fréquentant les zones optimales pour le développement larvaire. La reproduction se déroule durant cette phase de vol avec un pic d'observation de début mai à mi-juin. Après la formation du tandem et du cœur copulatoire, la femelle (tenue par le mâle) va pondre parmi les plantes immergées et les hélophytes. Le tandem peut aller jusqu'à s'immerger complètement. Les cas de ponte où la femelle n'est pas accompagnée du mâle sont rares. Après l'éclosion, le développement larvaire débute et s'étale durant tout l'hiver ; plusieurs stades se succèdent alors.

Régime alimentaire

Les adultes comme les larves sont des carnivores. Les larves de coenagrionidés chassent de préférence à l'affût, cachées dans les racines de la végétation rivulaire plongeant dans l’eau, dans les plantes aquatiques ou bien dans les sédiments au fond de l’eau. Elles attaquent les petits invertébrés qui passent à leur portée. Les adultes sont capables d'attraper des proies volantes ou posées (diptères le plus souvent).

Relation avec l’homme

Constatant la raréfaction globale de l'espèce à l'échelle de son aire de répartition, l'Union Européenne a inscrit cette espèce à l'annexe II de la directive 92/43/CEE dite Directive européenne Habitats-Faune-Flore ; en France, l'espèce bénéficie d'un statut de protection supplémentaire pour les mêmes raisons. Cette tendance régressive peut s'expliquer entre autres par l'évolution des pratiques agricoles, et notamment le drainage et la mise en culture des prairies.

Réseau trophique

Les larves peuvent être victimes d’autres invertébrés aquatiques (dytique par exemple, voire larves de caloptéryx ou cordulégastres), de poissons (truites, …), d’amphibiens (tritons, larves de salamandre), d’oiseaux, ou de micromammifères (Musaraigne aquatique). Quelques oiseaux et araignées tissant une toile font partie des prédateurs des imagos, ainsi que d’autres libellules tels le Caloptéryx vierge ou le Cordulégastre annelé.

Répartition géographique

L'agrion de Mercure est présent sur l'ensemble du territoire français, hormis toutefois une partie de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Sur la plus grande partie de la Bourgogne, l'espèce est davantage présente dans les secteurs où la dominance agricole est l'élevage, en comparaison avec les paysages de grandes cultures ou de reliefs peu entrecoupés de sources et ruisseaux. De fait, l'espèce est moins fréquente au niveau du plateau Châtillonnais, de la Côte dijonnaise, d'une partie de la plaine de Saône et d’une grande partie du département de l’Yonne.

Photothèque Agrion de Mercure
Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)
Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)
Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)
accouplement d'Agrion de Mercure
Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)
Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)
Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)
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