En Morvan

«Une mosaïque de milieux naturels rares et utiles »

Les prairies paratourbeuses et les tourbières sont des zones humides emblématiques du Morvan. Situées en fonds de vallons, elles se sont formées grâce à l’acidité des sols, du climat froid et humide et de l’engorgement permanent en eau.

© PNRM
Rares et riches

Uniques en Bourgogne, elles se composent d’un véritable puzzle de groupements végétaux. Ceux-ci se répartissent en fonction des modifications parfois très fines de la topographie, des apports en eau et des usages agricoles passés et actuels.

Musées vivants

Ces prairies paratourbeuses et ces tourbières abritent de nombreuses espèces vivantes, particulièrement adaptées à la faiblesse de la ressource alimentaire et à la courte durée de la belle saison. Véritables «musées» vivants, elles permettent de conserver une flore et une faune en voie de disparition et qui ne pourrait pas s’acclimater ailleurs.

L’acidité très importante empêche la décomposition des végétaux en favorisant ainsi la conservation de pollens ou de restes de plantes ou d’animaux, ce qui permet de retracer le paysage botanique et le climat au cours des 10000 dernières années.

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Eponges naturelles

Situées de part et d’autre des ruisseaux dans les vallées, elles stockent l’eau pendant l’hiver et la restituent tous les mois de l’année et en particulier pendant les périodes plus sèches. Elles jouent à ce titre un rôle important pour le maintien de la ressource en eau. Se faisant, elles assurent également le filtrage et l’épuration de l’eau. Elles constituent ainsi de véritables réservoirs naturels d’eau douce. Enfin, en stockant le carbone, elles participent à la réduction de l'effet de serre.

Protection et menaces

Issues de conditions très particulières, elles sont sensibles au moindre changement d’alimentation en eau ou de pratique agricole.

La moitié des tourbières françaises a disparu depuis 50 ans pour diverses raisons : abandon des pratiques traditionnelles, drainage et assèchement, création de plans d’eau ou de décharges, reboisements ou exploitation industrielle de tourbe…

Seule l’exploitation de la tourbe n’a pas été pratiquée dans le Morvan.

De même l’abandon de leur usage agricole conduit à leur enfrichement et à une importante perte de biodiversité.

Le drainage et l’épandage d’engrais ou de chaux dans les prairies entraînent leur banalisation. L’assèchement de la tourbe fait perdre au sol ses capacités de stockage et de filtration de l’eau. Il entraîne également l’accélération du boisement naturel des tourbières qui contribue à leur faire perdre leur caractère si spécial.

Prairie tourbeuse à St Didier © PNRM

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