Questions de nature : Pie bavarde, la mal-aimée

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Pie bavarde, la mal-aimée

Bien connue de tous, la Pie bavarde est un oiseau particulièrement intelligent. On la dit voleuse, pilleuse de graines et mangeuse d'oisillons. Rétablissons quelques faits autour de la pie :

Qui est-elle ?

Bien reconnaissable à sa longue queue, son corps noir et blanc et à ses plumes iridescentes de bleu-vert métallique, la Pie bavarde fait partie de la famille des Corvidés, tout comme les corbeaux, corneilles, choucas et geais. Jusqu'au milieu du XXe siècle, la pie fréquentait principalement les milieux agricoles comportant suffisamment d'arbres pour ses nids. Depuis, elle est également présente en ville dans les parcs et jardins disposant d'arbres de haut jet. Le nid, installé de préférence à la cime d'un arbre, est muni d'un dôme et possède au moins une entrée latérale. En hiver, les pies forment des rassemblements nocturnes (dortoirs) de quelques dizaines d'individus. Strictement sédentaire ou presque, elle s'éloigne rarement à plus de 10 km de son lieu de naissance.

Quels sont les problèmes ?

Le régime alimentaire de la pie est omnivore. Elle se nourrit essentiellement d'invertébrés (limaces, insectes... qui constituent plus de 80 % de l'alimentation des jeunes et des adultes), mais aussi de fruits et graines, d'œufs, de poussins, de détritus d'origine humaine, de charognes (ce qui fait d'elle un très bon nettoyeur naturel, surtout en ville) et de petits vertébrés. Mais victime de sa mauvaise réputation, on accuse la pie de causer des ravages dans les cultures (vergers, maraîchages,...) et dans les nids de petits passereaux, ce qui est exagéré : cela constitue seulement 2 % du régime alimentaire sur la période printemps/été. De plus, la pie est accusée de voler les objets brillants, mais ce sont uniquement les individus apprivoisés qui sont à l'origine de ces vols. La pie sauvage utilisera sa bonne mémoire plutôt pour retrouver des endroits où elle aura caché de la nourriture.

Que prévoit la Loi et qu'en est-il de ses effectifs ?

En Bourgogne, l’espèce est chassable et classée nuisible dans trois départements (excepté l'Yonne), suite à l’arrêté du 30 juin 2015. Ce classement est motivé par les soi-disant dégâts que la pie ferait sur le petit gibier. 210 000 oiseaux sont ainsi prélevés en moyenne chaque année en France, par la pratique de la chasse, sans compter les prélèvements non recensés par le piégeage. Dès lors, la tendance des populations en France est au déclin (estimée à -62 % depuis 1989, source MNHN 2015), en particulier dans les régions rurales, résultant des destructions directes de cette espèce, mais aussi indirectes, comme sa vulnérabilité aux pesticides. On peut tout de même noter que la pie reconstitue des effectifs en milieu urbain, d'où une légère augmentation de sa population depuis 2001.

Le mot de l’expert, Vincent Milaret, Animateur nature à la Ligue pour la Protection des Oiseaux de Côte-d'Or - www.cote-dor.lpo.fr

Comment mieux cohabiter avec la pie ?

Pour protéger les couvées des passereaux au jardin, vous pouvez planter des épineux ou des buissons indigènes touffus : épine noire, aubépine, églantier, sureau noir. Ces buissons offrent une protection sûre aux passereaux non cavicoles. Pour les passereaux cavicoles, vous pouvez disposer une plaque métallique de protection autour du trou d'envol. Un morceau de grillage à grandes mailles entourant le nichoir empêchera les pies d'y avoir accès. Les mailles doivent pouvoir laisser le libre passage des oiseaux nichant à l'intérieur.

Petit glossaire

Cavicole : qui niche dans des cavités, comme le trou d'un arbre ou un nichoir.