Le lichen, un curieux mélange

Retour à la liste

Le lichen, un curieux mélange

Longtemps pris pour un végétal, le lichen est en réalité un assemblage entre un champignon et une algue.

Quelle est la différence entre un lichen et une mousse ?

Théophraste, un naturaliste grec du 3e siècle avant notre Ère, est le premier à avoir utilisé le terme de « lichen ». Il l’employait pour désigner à la fois les lichens véritables et les mousses. La confusion a longtemps perduré, jusqu’à ce que le botaniste français Joseph Pitton de Tournefort fasse, au 17e siècle, la distinction entre les deux. Mais ce n’est qu’au 19e siècle, grâce au botaniste suisse Simon Schwendener, que la véritable nature du lichen a pu être révélée.
Contrairement à la mousse qui est une plante, le lichen est une association symbiotique entre un champignon et une algue, ou entre un champignon et une cyanobactérie*. Il en résulte une forme originale ne ressemblant ni à un champignon, ni à une algue. Le bénéfice de cette association est réciproque : le champignon apporte à l’algue de l’eau, des vitamines et des substances minérales, tandis que l’algue produit du sucre grâce à la photosynthèse*.

Pourquoi peut-on trouver des lichens partout ?

Les lichens sont des pionniers : ce sont les premiers êtres vivants qui se développent sur les roches ou les troncs d’arbres, car ils sont peu exigeants. Avec leurs rhizoïdes*, les lichens sont capables de se fixer sur tous les types de substrats : arbres, roches, cailloux, sols… Certains leur servent juste de supports, comme les arbres, d’autres leur fournissent des ressources, comme les roches qu’ils sont capables de dissoudre pour y puiser des minéraux.
Il existe une vingtaine d’espèces d’algues et de cyanobactéries capables de s’associer à de multiples champignons pour former des lichens extrêmement diversifiés. Leur répartition est liée à la nature du substrat, plus ou moins acide, et à leur sensibilité à la lumière ; certaines espèces sont sensibles à la pollution atmosphérique. Leur croissance et leur reproduction nécessitent un minimum de lumière, afin de permettre la photosynthèse, et un peu d’humidité, mais ils peuvent cependant supporter de longues périodes de sécheresse, parfois sur plusieurs années.

Comment le lichen se reproduit-il ?

Le lichen a deux modes de reproduction. Le premier est sexué : avec ses organes reproducteurs, le champignon produit des spores dispersées dans l’air, qui peuvent former un nouveau lichen lorsqu’elles rencontrent l’algue adéquate. Le deuxième est asexué : le champignon et l’algue, tout en restant associés, émettent une sorte de poussière (sorédies) ou de petites expansions (isidies), véritables boutures capables de générer un lichen à l’identique.

Le mot de l’expert, Jean VALLADE, Professeur honoraire de biologie végétale, Membre du Groupe Lichens et Bryophytes de Bourgogne et de l’Association Française de Lichénologie
Combien existe-t-il de lichens en France ?

Au niveau national, entre 2 500 et 3 000 espèces sont répertoriées. Environ 650 espèces ou sous-espèces sont connues en Côte-d’Or. Le Groupe Lichens et Bryophytes de Bourgogne, ouvert à tous, a permis d’en découvrir plusieurs dizaines sur la région. La plupart des identifications ne peuvent se faire qu’à la loupe binoculaire ou au microscope. Parmi les espèces communes, la Xanthorie des murailles, lichen jaune-orangé fréquent sur les arbres, les rochers et autre substrat, est une espèce facile à reconnaître même par les non-initiés.

Mini glossaire

Cyanobactérie : bactérie capable de photosynthèse (ex. Nostoc).

Photosynthèse : processus permettant de produire des glucides grâce à l’énergie solaire.

Rhizoïde : sorte de poil assurant la fixation.

Découvrez également le Catalogue des Lichens et des Champignons lichénicoles de la Côte-d'Or, paru en décembre 2016 et édité par la Société des Sciences naturelles de Bourgogne.

Cliquez ICI !