Des déjections, des solutions

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Des déjections, des solutions

Des animaux se sont habitués à utiliser nos bâtiments.Et à y faire leurs besoins.Mais ils peuvent aussi s’avérer des nettoyeurs très utiles. Le point avec Vincent Vilcot, chargé d’études faune sauvage ornithologie àla Société d’histoire naturelle d’Autun, et Romain Lahaye, chargé d’études faune sauvage mammifères.

Quelles sont les espèces concernées ?

Les hirondelles de fenêtre installent leurs nids sur les angles supérieurs d'une fenêtre, sous une avancée de toit ou bien sous un balcon, et provoquent des salissures blanches sous les nids (façades, rebords de fenêtre…). Les déjections de l'Hirondelle rustique se concentrent souvent au sol, à l'intérieur d'une grange. La Chouette effraie tapisse les granges ou les greniers de ses fientes. Certaines espèces de chauves-souris (grands murins, rhinolophes) affectionnent également les greniers ou les combles lors de la période de mise-bas en été. En effet, les femelles y retrouvent des conditions thermiques favorables pour mettre bas et élever leur unique petit de l’année. En fonction de la taille de la colonie, leurs crottes, appelées aussi guano, peuvent s'accumuler en plus ou moins grosse quantité sur le sol.

Pourquoi cohabiter avec ces espèces ?

Les populations d'hirondelles et de Chouette effraie en Bourgogne sont en diminution. Les chauves-souris sont également des espèces très fragiles et menacées. La destruction volontaire des nids d’oiseaux et la fermeture des accès aux bâtiments, suite à des travaux de rénovation ou pour éliminer les nuisances liées aux déjections, sont parmi les principales causes de leur déclin. Elles sont pourtant protégées par la loi française, ainsi que leur habitat. Il est donc interdit de les détruire, de les manipuler et de les transporter. Il en est de même pour les nids de ces oiseaux, les sites de reproduction et les aires de repos des chauves-souris. Pourtant, de part leur régime alimentaire, ces espèces sont de véritables alliées. Insectivores, les hirondelles régulent les populations d’insectes volants (mouches, moustiques...) le jour. Les chauves-souris prennent le relai la nuit. Plus efficace qu'un chat, la Chouette effraie est une spécialiste de la chasse des rongeurs. Il existe des aménagements pour réduire les nuisances, permettant une meilleure cohabitation avec ces espèces.

Quels sont ces aménagements ?

La mise en place d’une planchette à une distance minimum sous les nids d’hirondelle de fenêtre permet d’éviter que les projections des jeunes hirondelles ne décorent les vitres et les murs. Cet aménagement peut également convenir sous la sortie de gîte des chauves-souris au niveau des façades. Dans les granges et les greniers, l’installation d’une bâche en plastique, au sol ou suspendue, permet de récolter facilement les crottes et de protéger ainsi le plancher et le matériel stocké dans ces bâtiments. Pour les colonies de chauves-souris, un tel aménagement doit être réalisé lorsque la colonie n’est plus présente dans le bâtiment.

Le mot des experts, Vincent VILCOT (Chargé d’études Faune sauvage Ornithologie) et Romain LAHAYE (Chargé d’études Faune sauvage Mammifères) à la Société d’histoire naturelle d’Autun.

Que peut-on faire des excréments ?

Les fientes et le guano de chauves souris sont de formidables engrais naturels. Vous pouvez donc les utiliser au printemps comme fertilisant pour les plantes à fleurs, le jardin ou le potager. Composées de débris d'insectes non digérés, les crottes de chauves-souris sont facilement reconnaissables car elles s’émiettent sous la pression de vos doigts. Ce guano, riche en azote, permet d’activer la croissance des plantes. En Europe, aucune maladie n'est liée au guano.